Soirées Tangoart

Soirée culture, quelle est la démarche de Tangoart?

Au delà de la danse, le tango est un véhicule de culture.

Événements, concerts, voyages… Vous voulez organiser un événement autour de la culture argentine ? Contactez-nous,  nous mettons à votre disposition notre réseau d’artistes argentins à Paris et en France.

HISTOIRE DU TANGO & TANGO à PARIS

Le tango est une danse de couple et un genre musical né à la fin du XIXème siècle en Amérique Latine au sein de la forte activité portuaire que génèrent les rives du Rio de la Plata, principalement à Buenos Aires où l’immigration est d’une intensité et d’un métissage hors du commun.

Les premiers essais d’orchestration musicale sont réalisés par de petits groupes de musiciens jouant du violon, de la flûte, et de la guitare, et parfois utilisant un peigne recouvert de papier à cigarettes en guise d’instrument à vent. L’instrument mythique, le bandonéon, n’arrivera que plusieurs années après remplaçant peu à peu la flûte en tant que soliste. Si dans un premier temps les musiciens se contentent d’interpréter des mélodies déjà existantes, et de leur donner des variantes qui ne sont, dans leur grande majorité, jamais écrites puisque la plupart de ses  interprètes ne savent ni lire ni écrire la musique, le tango va au fur et à mesure emprunter le langage des musiques plus savantes.

Du côté de la danse, on commence à danser le tango dans des taudis et des lupanars, si bien que cette nouvelle danse est vite associée à l’ambiance des bordels étant donné  que les prostituées et les femmes de chambres sont les seules femmes présentes lors de ces réunions. L’univers très masculin de ce type d’endroit amène les hommes à danser entre eux, et à créer les premières figures du tango également entre eux. Le tango à cette époque est très éloigné du code de bonne conduite de la bonne société argentine fraîchement immigrée et joue avec le corps à corps et la sensualité blagueuse. Des paroles de chanson viennent rapidement accompagner la danse et la musique, la plupart du temps très obscènes et leurs titres toujours peu équivoques, mais tendant pourtant déjà à la métaphore poétique.

Ce n’est que quelques années plus tard, lorsque l’activité économique et la richesse emmagasinée attirent les regards du reste du monde, que le tango argentin, depuis son berceau populaire, voyagera jusqu’en Europe où il obtiendra ses titres de noblesse, et il construira peu à peu des codes et un langage artistique plus complexe. Fin février 1911, des exemplaires du Figaro parvenus à Buenos Aires, déclamaient, à la grande stupeur des argentins en parlant du tango : « Ce que nous danserons cet hiver sera une danse argentine », une danse « gracieuse, ondulante, et variée ».

A la différence de Buenos Aires où le tango connait encore une mauvaise réputation, à Paris il est en effet dansé dans les salons les plus élégants et les plus chics, dans une forme remaniée qui ressemble à la valse. Cet amour de Paris pour le tango ne fait que faire croître la fascination que la Ville lumière exerçait déjà sur les habitants de Buenos-Aires et en particulier sur ses artistes qui y voient depuis toujours la quintessence de l’esprit romantique dans les arts, et qui aiment à dire, en parlant d’eux-mêmes, que « Buenos Aires est leur épouse, et Paris leur maîtresse ».

La capitale française devient un lieu d’investigation et d’expérimentation pour de nombreux artistes : Francisco Canaro, Carlos Gardel, Borges, Cortazar, Piazzola. Elle permet par la suite au tango de rayonner internationalement en Europe et de continuer à évoluer.

A Paris, il est possible de danser tous les soirs comme à Buenos Aires. La communauté tango est grande et diversifiée. Tout prétexte est bon pour l’ouverture d’une milonga. Un appartement, un loft, un bar, un restaurant, un Hôtel, les quais de Seine, la Place du Trocadéro sont autant de lieux qu’investissent les tangueros avec ou sans autorisation.

Parfois comme à Buenos Aires, les codes sociaux adjacents à la milonga y sont respectés. On s’apprête, on se fait beau pour aller danser. Sur place, on se pare de ses plus belles chaussures puis, autour de la piste se pratique « el cabaceo », l’invitation à danser d’un homme à une femme par le regard. Les couples tournoient sur la piste, organisés, dans la même direction, boivent un verre, s’observent et échangent. Cinq morceaux musicaux de trois minutes rythment la tanda, puis après une courte pause, la cortina, le temps de changer de partenaire, et la danse reprend de nouveau.